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Un bus d’imams à travers l’Europe contre la haine (art. du Parisien)

Une soixantaine d’imams de toutes nationalités vont sillonner jusqu’au 14 juillet les villes touchées par les attentats. Objectif : inviter au dialogue et désamorcer les incompréhensions.

C’est une initiative inédite «pour dire non à la barbarie». Un bus à bord duquel prendront place une soixantaine d’imams va sillonner les routes d’Europe entre le 8 et le 14 juillet, faisant étape là où le terrorisme a frappé ces dernières années. A l’origine de cette première, l’imam de Drancy (Seine-Saint-Denis) Hassen Chalghoumi, menacé de mort par Daech, et l’écrivain juif Marek Halter, apôtre du dialogue interreligieux.

 

Lors de leur halte à Nice, Paris, Bruxelles ou Berlin, les dignitaires religieux se recueilleront et réciteront des prières à la mémoire des victimes. Ils invitent également tous les citoyens à échanger avec eux afin de surmonter les peurs et casser les idées reçues. «Cet événement doit, en créant le contact, permettre d’absorber la colère des gens. Le rejet existe, il y a une méfiance à l’égard de l’islam», observent les deux organisateurs qui veulent «agir vite» et de «manière spectaculaire» afin d’éviter «cette montée de la haine et des affrontements intercommunautaires». Ils espèrent pouvoir rencontrer au cours de leur périple de plusieurs milliers de kilomètres la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre belge Charles Michel et, en France, rien de moins que le président de la République Emmanuel Macron, le chef du gouvernement Édouard Philippe et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Dans chaque pays traversé, l’autocar sera «escorté par les services de police». «On n’a pas peur, sinon on serait restés chez nous», assure Mohamed Kassim Ali, mufti des Comoriens en France. «Nous ferions une cible de choix pour les extrémistes de tous bords, concède un autre participant. Mais la cause en vaut le risque.»

 

Des imams d’Allemagne, de Belgique ou de Tunisie

Le véhicule a été personnalisé jeudi placardé des mots «Marche des musulmans contre le terrorisme» traduits en arabe et en anglais. «Mais pour notre sécurité, on ne marchera pas», précisent les organisateurs. L’opération, d’un budget de 80 000 euros, est financée par des sponsors, dont un voyagiste et un traiteur qui ont demandé à rester anonymes.

 

Parmi les passagers, une vingtaine d’imams indépendants basés dans l’Hexagone et prêchant à Nîmes, Marseille ou Paris. Mais aussi une quarantaine d’autres en provenance d’Allemagne, de Belgique, d’Italie ou de Tunisie. Aucune grande fédération de musulmans en France ne s’est associée à cette mobilisation qui ne fait pas l’unanimité.

 

Les organisateurs s’attendent d’ailleurs à ce qu’elle suscite la polémique. Car des voix de l’islam ne manqueront pas de contester le manque de représentativité des imams participant à l’opération. D’autres diront que les musulmans n’ont pas à se justifier face à l’horreur commise par des extrémistes. «Mais quand notre religion est prise en otage, on doit réagir», défend Hassen Chalghoumi, voyant dans Daech «l’ennemi de l’islam». «On veut montrer le vrai visage de l’islam tel que nous le connaissons», martèle, de son côté, Kemadou Gassama, imam basé à Paris, convaincu que «les musulmans doivent monter au créneau».

 

 

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