violence conjugale

La violence faite aux femmes.

Question de Fatima D. de Clermont Ferrand à l’attention de notre praticien psycho-sexologue Nader Alami :

« Cela fait plusieurs années que mon mari me bat. J’ai peur pour mes enfants. Je ne sais plus quoi faire. Je ne sais pas vers qui me retourner !

INews : Nader Alami, comment peut-on aider Fatima ?

Nader Alami : Tout d’abord, en faisant un rappel à la loi. Les violences conjugales sont un délit et donc passible du tribunal correctionnel. Ils ont punis de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, s’ils ont entraîné une ITT (Incapacité Temporaire de Travail) de moins de 8 jours. Et de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende pour une ITT de plus de 8 jours. Il faut aussi aider l’homme à sortir de cette spirale de la violence s’il est disposé à être aider. Comment peut-il frapper une femme alors que le plus beau des hommes Muhammed paix et bénédiction sur lui ne l’a jamais fait ? Souvent, on observe chez ce type d’hommes un manque de confiance dans leur virilité. Il faut les aider. N’est-il pas vrai que dans toutes les histoires de vies des prophètes et messagers mentionnés dans le Coran, aucun indice si petit soit-il laisse exister l’idée qu’il faille battre les femmes. De Adam à Muhammed aucun ne battait une femme !

INews : Il faut également rappeler que les faits de violence sont constitutifs d’un délit même s’ils n’ont pas entraîné d’ITT !

N A : Tout à fait ! Et pour être complet, le viol a été reconnu au sein du couple depuis la loi de 2006 en étendant la circonstance aggravante aux meurtres, viols, agressions sexuelles et les états de grossesse.

INews : Le législateur a également renforcé l’arsenal juridique en ce qui concerne l’aspect psychologique.

N A : En effet, la loi de 2010 punit de 3 à 5 ans d’emprisonnement, et de 45 000 à 75 000 euros d’amende les violences et le harcèlement de nature psychologique tels que les humiliations, les insultes, les menaces. Mais elle prévoit également d’autres infractions tels que les appels téléphoniques malveillants, les séquestrations, le vol de documents administratifs par exemple.

INews : Maintenant que nous avons rappelés quelques éléments du cadre juridique Que doit faire Fatima ?

N A : Lorsque cela survient, elle ne doit pas hésiter à appeler le 17 (Police-Secours). La police est là déjà pour la protéger pour que cela ne dégénère pas. Ensuite, ils la guideront vers un service médical d’urgence si nécessaire. Il lui conseilleront de porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Il est très important de porter plainte tout de suite après les faits pour permettre à la justice de prendre des mesures immédiates afin d’assurer votre mise en sécurité et celle de vos enfants. Il est important de comprendre que l’urgence est d’abord de faire cesser la maltraitance avant de procéder au suivi psychologique sinon les choses vont en s’empirant.

INews : Et si, comme cela arrive souvent, elle ne souhaite pas porter plainte ?

N A: C’est vrai, malheureusement ! Le statut de victime est difficile à faire admettre aux victimes elles-mêmes surtout lorsque les violences durent depuis plusieurs années ou que l’agresseur utilise la menace ou le chantage. Vraiment pour le moins, faites consigner les faits sur le registre de main-courante. Cela n’entraînera pas forcément des poursuites mais pourra être utile plus tard si vous décidez de quitter le foyer conjugale.

INews : Si Fatima vous écrit, c’est qu’à priori, elle souhaite que cela cesse ?

N A : C’est évident, il s’agit d’un appel au secours. Et si j’ai décidé de le relayer sur votre site, c’est pour que son cas puisse servir à d’autres femmes qui vivent le même drame. C’est pour cela qu’il faut en parler. Au travers d’associations spécialisées, qui vont vous aidez, vous écoutez, vous informez. Ils vont vous accompagnez sur le plan psychologique et vous aidez à trouver une structure d’hébergement. Vous en avez dans chaque département et la plateforme téléphonique nationale  3919 peut vous orienter.

INews : Dans tous les cas, il ne faut pas rester seule !

Exactement ! Dans une situation de danger, vous pouvez toujours, vous et vos enfants, sans vous mettre en tort, partir vous réfugier chez de la famille, des amis. Cette fuite est nécessaire pour votre sécurité. Après vient le temps de la reconnaissance du statut de victime en faisant condamner votre agresseur. Il ne faut pas culpabiliser par rapport à vos enfants, en faisant cela vous les protéger qu’ils aient subi ou non des violences. L’Etat met à votre disposition tous les moyens pour vous protéger, alors surtout n’hésitez pas à faire appel aux autorités compétentes.

INews : Et en ce qui concerne le mari agresseur ?

N A : Le juge peut décider de le faire suivre psychologiquement pour déterminer si cette violence n’est pas la conséquence de violence qu’il aurait subi lui-même étant jeune ou de l’envoyer en cure de désintoxication si cette violence est due à un problème d’alcoolisme. De toute les façons, ce ne doit plus être une source d’inquiétude pour la victime. C’est à la justice de faire ce qu’il faut pour qu’il ne puisse plus recommencer.

Islamnews : Merci, Nader Alami pour tous ces conseils en espérant qu’ils aident les femmes victimes de violence conjugale.

Nader Alami : Merci à vous.




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