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L’édito (01.05.2016) Faut-il chasser les Salafis ?

On entend en bruit de couloir se faire doucement le procès de la branche salafiya de l’islam par les autres musulmans. Faut-il demander des comptes aux salafis de ce qui se passe ? Leur doxa a t-elle de près ou de loin contribuer à l’ambiance apocalyptique qui règne dans le monde à l’égard des musulmans ? Ont-ils contribuer à jeter dans les rangs de groupuscules extrémistes des jeunes en manque de repères fascinés par une autorité qui leur faisait défaut. Et, après tout, ne sont ce pas les salafs qui brandissaient comme un étendard le hadith selon lequel il y aurait 73 sectes et que seule une ira au paradis tandis que toutes les autres iront en enfer condamnant ainsi l’immense majorité des musulmans et des non musulmans à l’enfer ?

Lorsque les Femen, groupe extrémiste féministe, prirent d’assaut un salon musulman où des prêcheurs salafs donnaient des conférences dont Rachid Abou Hudeyfa ou Nader Abou Anas, on n’entendit pas la communauté musulmane dans son ensemble venir au secours des organisateurs de ce salon qui n’avaient enfreint aucune règle. Était-ce une façon de dire : « C’est bien fait pour eux ? ». Est-ce que les musulmans reprochent aux salafs de proposer une vie en rupture avec le reste de la société, une rupture y compris avec les autres musulmans ?

Alors admettons maintenant que nous les chassions. Savez-vous ce qui se passera ? On cherchera un autre bouc émissaire car une société en crise a besoin de souffre-douleur. On accusera les non salafis d’être dans la takiya, dissimulation de la foi ; on accusera d’être d’avantage fidèle à l’Algérie ou au Maroc ceux qui ont la double nationalité, on stigmatisera tout noir ou maghrébin qui aura oublié de se raser une barbe naissante…

C’est pourquoi nous devons nous en tenir au droit et défendre le droit. Aucune personne n’est coupable de rien si aucune preuve n’est contre lui. Mais nous devons dire aussi que c’est terminé le totalitarisme de la pensée… Nous ne défendrons aucun musulman quel qu’il soit : dès lors qu’il tiendra des propos prônant la rupture avec les autres. Mais nous attaquerons tous ceux qui s’en prendront à vous alors que vous êtes innocents de toute action ou propos blâmable.

La liberté, rien que la liberté ! Le droit, rien que le droit !

L’équipe de rédaction d’Islamnews.




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